Les FPS retro des années 90 ont rarement été connus pour leur histoire, et encore moins leur level design cohérent. C’est avec cette conclusion que Killing Time s’est lancé en 1994 le défi de faire mieux. Aujourd’hui nous sommes en 2025 et Killing Time: Resurrected est la version remasterisée de son grand frère qui a été bâti par un studio réputé pour ce genre de produit. Reste maintenant à savoir ce Killing Time: Resurrected a su garder ce que l’original avait à offrir, tout en ébavurant les arrêtes désagréables? C’est la réponse que je vais essayer de donner aujourd’hui.

Présentation et histoire
Nightdive studios a la réputation de récupérer des licences de jeux abandonnés et de les moderniser avec une nouvelle couche de peinture, éliminer des aspects mal appréciés de l’original et de rendre le tout compatible avec les machines des temps modernes. Leur palmarès comprends par exemple Star Wars: Dark Forces, System Shock, Blood: Fresh Supply et j’en passe des meilleurs.
Killing Time: Resurrected tourne sur le moteur graphique KEX, qui est développé par Nightive. KEX est un moteur qui permet de faire tourner des vieux jeux sur des PC multicores. Les graphismes gardent leur charme doomesque de 1994, tout en gardant les sprites des ennemis originaux, qui sont des enregistrements d’acteurs comme dans Mortal Kombat !
L’histoire est mise en avant dès le départ. Contrairement aux Doom Like des année 90 (n’en déplaise à John Romero qui dit que l’histoire dans les jeux vidéo n’est pas importante), elle reste centrale dans l’expérience générale.
« Chaque chambre ressemble à ce qu’elle doit être, ce que Duke Nukem 3D fera 2 ans plus tard en 1996 »
Dans Killing Time, on incarne un étudiant universitaire, qui traque la disparition d’un artéfact. Celui-ci récupéré par le contrebandier Duncan. Ses recherches l’amènent sur les côtes d’une île, et bizarrement, sa montre cesse fonctionner une fois pied à terre. Cette île appartient à femme nommée Tess, dont ses parents sont morts depuis peu. Ayant peur de l’usure inexorable du temps, Tess paye un contrebandier nommé Duncan, afin de ramener un artéfact égyptien qui, selon la légende, permet de figer le temps.
Cet artéfact initialement conçu pour protéger les momies des dégradations du temps semble être un remède pour Tess. Elle met donc au point un plan avec un scientifique nommé Byron, afin d’étendre la zone d’influence de cet artéfact sur l’île entière. Tess étant adepte des grandes fêtes et banquets extravagants dignes de la haute société, son île est rempli d’invités et d’employés. Toutes et tous seront affectés de différentes manière quand son plan arrive à terme.
Gameplay et progression
La boucle de jeu est très simple ! Rien d’étonnant, son coeur appartient aux FPS des années 90 après tout. Dans Killing Time: Resurrected, il existe 7 armes différentes. Toutes classiques comme un revolver, fusil à pompe ou encore mitraillette Thompson. On retrouve aussi des cocktails molotovs et un lance-flamme, ainsi qu’une arme nettoie tout du style BFG9000 de la série des DOOM. Sur ce côté, rien de révolutionnaire, surtout avec le bénéfice de 30 ans d’évolution dans le développement des jeux vidéo.
Si les armes sont (trop) banales, Killing Time: Resurrected (au même titre que pour l’original) a réussi à innover sur le level design. Ce dernier, surtout en 1994, est très impressionnant. Chaque chambre ressemble à ce qu’elle doit être, ce que Duke Nukem 3D fera 2 ans plus tard en 1996.
Comme évoqué plus haut, le jeu entier se déroule sur une seule île, appartenant à une femme riche nommée Tess. Cette île est parsemée de divers bâtiments comme un chenil, un phare, un temple, un jardin, un labyrinthe de haies, et surtout le manoir de Tess. Chaque zone est accessible sans transition de chargement apparente. Aucun ennemi tué ne revient à la vie, ce qui un élément important de l’histoire d’ailleurs. Cette ouverture unique pour l’époque, a bien vieilli pour les temps modernes.
La progression du jeu est principalement liée à la découverte de différentes clefs. Elles ouvrent différentes régions de la carte, ainsi que la découverte d’artéfacts qui pourront dénouer le mystère de cette île figée dans le temps.
Les points positifs de Killing Time: Resurrected
La variété d’ennemis est assez impressionnante. On voit que les développeurs originaux ont mis un accent particulier sur la logique des environnements. On peut trouver des cuisiniers zombis en cuisines, mais on n’y trouvera pas les jardiniers par exemple. Bien que la variété des attaques reste limitée, l’animation des sprites ainsi que leur apparence générale permet de savoir à quoi s’attendre. L’action est constante, la quantité d’ennemis est abondante et et la munition n’est pas limitée.
Sur l’île, on retrouve également des spectres. Ils manifestent des conversations entre les protagonistes. De quoi détailler non seulement l’histoire, mais donnent également des indices sur quoi faire pour la suite. Ces conversations sont toutes en FMV (Full Motion Video) du jeu original. Ils gardent leur charme de l’époque, bien qu’on voit que les talents d’acteurs ne sont pas d’un haut calibre.
Les améliorations apportées à l’oeuvre originale sont fortement appréciées. L’utilisation de la souris pour regarder (un luxe qui n’existait pas à l’époque), des transitions entre les zones beaucoup plus fluides, ainsi que des options multiples pour personnaliser son expérience.
Les points négatifs de Killing Time: Resurrected
Le point négatif principal est intrinsèquement lié au choix du studio de garder beaucoup d’éléments du jeu de base. Le but principal de Killing Time: Resurrected est de trouver des clefs et des artéfacts, et malheureusement ils sont quasiment tous cachés dans des salles secrètes pas toujours faciles à trouver. Fort heureusement, la carte indique ces zones par des lignes jaunes, une amélioration par rapport à l’original. Malheureusement, si on oublie de ramasser un de ces objets, on se retrouve coincé et incapable de continuer à explorer l’île.
À vouloir rester trop fidèle à l’original, les développeurs ont validé certaines décisions de design qui, avec le recul, ne sont pas un choix artistique défendable. Il y a un manque de test qualité par un publique plus large, ce qui est typique de l’époque où les studios étaient souvent constitués de trois copains dans un local, au troisième sous-sol d’un bâtiment délabré en banlieue.
Conclusion
Killing Time: Resurrected est FPS remasterisé de l’original Killing Time de 1994. Le coeur du jeu consiste à explorer une île avec des zone interconnectées, dans le but de retrouver des clefs pour ouvrir de nouvelles zones, et des artéfacts pour élucider le mystère qui plane sur l’île. Le studio Nightdive reste le studio que je considère comme la référence pour les jeux remasterisés ou modernisés. Des jeux de mon enfance reprennent vie comme System Shock et j’ai eu le plaisir de découvrir Killing Time dans sa version moderne avec Killing Time: Resurrected. Ce jeu reste indispensable pour tout enfant des années 90 qui souhaite revisiter son époque. Mais aussi aux plus jeunes qui souhaitent à quoi ressemblait les ancêtres des jeux modernes. Il ne me reste plus qu’à espérer que Nightdive remasterisent Outlaws maintenant…
Killing Time Resurrected est disponible sur Steam.