Une énième tentative de faire du Marvel – Blue Beetle
On y est ! Le premier super-héros du nouveau DCU mis en place par James Gunn et Peter Safran est enfin arrivé. Les nouveaux patrons de DC Studios nous ont promis un renouveau de la licence qui a pour le moment déçu de nombreux fans et qui semble plus perdre d’argent qu’en gagner. Pari tenu ? Si vous lisez le titre de cet article, vous devez avoir une petite idée sur la question.

A l’heure (tardive) où j’écris ces lignes, Blue Beetle se rembourse tout juste au box office, reproduisant le parcours de ses prédécesseurs. DC aurait-il perdu la confiance de son public ? Malgré les promesses de changement ? Peut-être. A moins que cela ne soit une histoire de choix questionnables dans une situation critique pour le studio.
Pour commencer, pourquoi prendre un personnage comme Blue Beetle comme figure de proue pour le reboot de leur nouvel univers ? Super-héros assez obscur pour beaucoup de non initiés, était-ce vraiment le meilleur porte étendard pour marquer les esprits avec “le renouveau” du DCU ? Pour beaucoup de monde, rien que le visionnage de la bande annonce n’augurait rien de bon. Difficile de partir sur un nouveau départ avec une telle impression. James Gunn et Peter Safran ont choisi de présenter de nouveaux personnages pour leur univers, mais il leur fallait peut être commencer par un film comme Superman Legacy, qui aurait peut être plus parlé aux fans, qu’un héros dont beaucoup n’ont même pas entendu parler.
Encore une fois, DC ne saisit pas le ton qui plairait à ses fans, se rapprochant de la formule Marvel, surtout sur l’overdose d’humour présent dans ce film. Le procédé est simple, il faut faire le plus de gags possibles et espérer que l’un d’eux fasse mouche. Beaucoup ont fait le rapprochement entre le personnage de Jaime Reyes et Peter Parker. Tous deux des étudiants fauchés, qui doivent affronter les aléas d’une vie difficile et qui possèdent des pouvoirs offerts par un insecte. Il est vrai que le raccourci est facile, mais peut-on vraiment l’ignorer ?
Et l’histoire ?
Nous suivons les mésaventures de Jaime Reyes, jeune adulte récemment diplômé, qui après un séjour aux USA, retourne voir sa famille à Palmera City. Cette dernière est menacée d’expulsion, ce qui force Jaime à trouver du travail pour inverser la situation. Après s’être fait licencié de son dernier job, où il assurait l’entretien d’une villa, il fait la rencontre de Jenny Kord, qui lui propose de se rendre dans l’entreprise de sa famille pour y être engagé.
Tout ne se passera pas comme prévu, à peine arrivé sur place, il retrouvera sa bienfaitrice, qui lui confiera une boîte, qu’il ne doit surtout pas ouvrir. Naturellement, il ne respectera pas la consigne et découvrira un scarabée bleu extraterrestre qui fusionne avec lui, lui donnant des pouvoirs surhumains et accès à un équipement limité uniquement par son imagination.
Victoria Kord, la tante de Jenny, partira à la recherche du scarabée, élément indispensable à son projet de création de super soldats, quitte à tuer Jaime ou même sa propre nièce.
Une histoire de famille
Les valeurs familiales sont au cœur de ce film, que cela soit du côté des Kord en tant que fabricants d’armes, qui ont tenté de se racheter une conduite (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?) ou les Reyes qui ont tout ce qu’il faut en termes de clichés et stéréotypes. Le père fragilisé par un infarctus, mais qui tient les rennes de sa famille, servant de guide pour notre jeune héros. L’oncle complotiste, bricoleur, pouvant hacker des systèmes de sécurité bien trop avancés pour lui. La grand mère qui ne fait rien de toute l’histoire, mais qui s’avère être une révolutionnaire détruisant tout sur son passage. Sans oublier la sœur de Jaime, qui est blasée du début à la fin, sauf quand elle se moque de lui et qui ne sert naturellement qu’à faire des gags tout du long. Vous en voulez encore ? Ajoutons donc le fait qu’ils hurlent durant toute la transformation de Jaime, histoire de “profiter” vraiment du spectacle.
Les Kord ne sont pas en reste, Jenny n’est qu’un love interest, avec une histoire qui n’intéresse personne. Son père, sorte d’Iron Man scarabée, est tellement vite expédié que l’on n’y prête pas vraiment attention. Quant à Victoria, c’est la méchante clichée, elle recherche l’argent et le pouvoir, elle n’a pas la moindre profondeur.
Pour le peu que vous ne soyez pas sensibles à tout ce côté familial, vous risquez de passer un moment désagréable.
Critique sociétale ?
On notera tout de même, une fois encore, la tentative de faire une critique de la situation entre les USA et le Mexique, mais nous ne faisons qu’effleurer en surface le problème. L’idée est louable, mais ce n’est malheureusement pas le genre de production qui permettra vraiment de faire réfléchir des gens, au contraire, cela ressemble plus à un argument de vente qu’autre chose. Au moins font-ils l’effort de recruter des équipes locales.
Khaji-Da
En tant qu’entité symbiotique extraterrestre, Khaji-Da, le scarabée ne s’en sort pas trop mal. Ce n’est pas extraordinaire, mais il y a une petite évolution tout le long du film et elle possède tout de même un présence. Même s’il ne s’agit que d’une voix, elle a sa volonté propre et marque plus les esprits qu’un Venom ou des IA comme JARVIS, FRIDAY ou KAREN.
En bref
Ne tirons pas sur l’ambulance, Blue Beetle n’est pas si mauvais, il a quelques scènes assez sympathiques, mais n’a rien de spectaculaire. Avec une meilleure écriture, sans tous ces gags, ce qui permettrait une identité propre et avec un peu plus de créativité, il serait même plutôt bon. Il est au final très moyen, suffisamment court pour éviter de s’ennuyer, mais peut être un peu plus de développement aurait été nécessaire ou des scènes vraiment marquantes. C’est un téléfilm à 100 millions de dollars, qui est malheureusement complètement oubliable.
Allez, on se retrouve pour Aquaman II !
Crédits du film
Distribution
Xolo Maridueña en Jaime Reyes / Blue Beetle
Bruna Marquezine en Jenny Kord
Becky G en Khaji-Da
Damián Alcázar en Alberto Reyes
George Lopez en Rudy Reyes
Adriana Barraza en Nana Reyes
Belissa Escobedo en Milagro Reyes
Elpidia Carrillo en Rocio Reyes
Susan Sarandon en Victoria Kord
Raoul Max Trujillo en Carapax
Réalisation
Angel Manuel Soto
Scénario
Gareth Dunnet-Alcocer
Comic book
Charles Nicholas Wojtkowski
Will Eisner
Montage
Craig Alpert
Musique
The Haxan Cloak