Nous ne sommes pas nombreux à vouloir nettoyer et ranger notre résidence, mais je pense que pour des dizaines de milliers de Francs ou Euros, nous serions tous prêts à nous mettre à genoux et frotter les sols. C’est précisément ce que propose Crime Scene Cleaner, un simulateur de nettoyage et de rangement à la première personne, mais où l’on incarne un nettoyeur de scènes de crimes.

Présentation et histoire
Crime Scene Cleaner est développé et publié par le petit studio polonais President Studio, utilisant le moteur Unity. Un choix classique de beaucoup de studios indépendants. Bien que le sujet consiste à nettoyer, les sujets abordés sont très sombres et le jeu n’est destiné qu’à un publique averti.
Le joueur incarne Kovalsky, un père veuf, financièrement au bout du rouleau. Son travail de concierge ne payant pas assez, il se retrouve à travailler pour le monde criminel, comme nettoyeur de scènes de crimes. Ceci afin de payer les traitements médicaux de sa fille. Kovalsky est engagé par un particulier afin de nettoyer le sang, ranger les déchets et évacuer les cadavres. Il n’a pas d’impact sur le déroulement des intrigues, et finalement ce n’est pas important pour lui. Ce qui compte est l’argent qui lui permet de payer les soins de sa fille.

« Les sujets abordés sont très sombres«
D’entrée, nous arrivons tout de suite à sympathiser avec le protagoniste. Tout parent remuerait ciel et terre pour donner ne serait-ce qu’une seconde de vie en plus à son enfant. Kovalsky ne se fait cependant pas d’illusions sur ce qu’il fait. Et encore moins quel genre de personnes sont ses clients. Chaque mission confronte le joueur à des situations crues et souvent cruelles, des victimes innocentes retrouvées au milieu de complots des puissants de notre monde.
Après chaque mission, Kovalsky rentre chez lui. Sa maison renferme tout d’un homme au bord de la dépression : boîtes à pizza partout, bouteilles de vin et de bières vides dans les coins, boîtes à pilule vides dans la salle de bain etc… Heureusement, sont berger allemand « Dexter » est toujours présent pour des gratouilles. Après un repos mérité, un nouveau client contacte Kovalsky pour son prochain contrat.

Gameplay et progression
Chaque mission consiste systématique à faire la même chose. À savoir : nettoyer les projections de sang, ramasser les preuves du crime, ranger le mobilier, emballer cadavres et déchets dans des sacs poubelles. Pour ensuite les placer dans notre voiture ou container. Pour remplir ces objectifs, un « arsenal » d’outils est à notre disposition, comme une éponge, une serpillère, lampes UV et des produits détergents en tout genre.

Kovalsky ayant besoin d’argent, il ne peut pas se permettre d’ignorer des objets ou des stupéfiants précieux éparpillés sur les scènes de crime. Si tout a été correctement nettoyé, et toutes les preuves ont été ramassées, la totalité de l’argent promis par le commanditaire est versé. Du point de vue gameplay, l’argent se traduit comme une barre d’expérience. Elle permet de débloquer des améliorations pour ses outils de travail.

Cependant, plus l’histoire avance, plus la qualité de vie de Kovalsky s’améliore.
La boucle de jeu reste identique au travers de l’histoire, mais fort heureusement, l’écriture, le level design et l’ambiance sauvent ce qui aurait pu être un expérience répétitive. Bien que les acteurs de voix offrent une performance « suffisante » pour être généreux, l’histoire reste captivante. Les amateurs de sujets sombres y trouveront leur compte.

Points positifs de Crime Scene Cleaner
La boucle de jeu gratifiante, l’histoire bien écrite et le level design permettent une variété de situations prenantes si on s’y attarde un peu sur l’ambiance. Chaque niveau est créé manuellement. Rien d’aléatoire n’est généré, ce qui offre donc une logique sur l’état des scènes de « boucherie« . Si on s’attarde ne serait-ce que quelques minutes, on pourrait facilement reconstituer les évènements qui ont mené aux fins des victimes. Ce détail rajoute une immersion presque complète, et lorsqu’on se dit qu’on arrête de jouer pour aujourd’hui, on se retrouve à faire encore trois niveaux.

Points négatifs de Crime Scene Cleaner
Les seuls points négatifs à relever sont de rares bugs comme les cadavres déposés qui disparaissent du jeu avant d’être comptabilisés dans les objectifs. Mais pour cette revue, ce n’est arrivé qu’une seule fois. La qualité des voix laissent également à désirer, mais restent suffisantes. Il est clair qu’un petit studio n’a pas le budget pour employer de grands orateurs polyvalents tels que Matthew Mercer. La motivation centrale du protagoniste Kovalsky est l’argent pour sa fille, malheureusement à aucun moment la fortune ne rentre en jeu en dehors d’être traitée comme des points d’expérience. La fortune accumulée n’est seulement visible par l’amélioration de la maison et la qualité de vie de Kovalsky, qui se fait naturellement avec la progression de l’histoire. On aurait voulu voir un système de gestion qui équilibrerait des versements mensuels à l’hôpital avec les améliorations de l’équipement actuellement en place.
Conclusion
Crime Scene Cleaner est un simulateur de nettoyage avec une histoire basée sur les dessous de la société et les puissants qui y règnent, mais aussi le conte d’un père désespéré qui ferait tout pour sa fille malade. La boucle de jeu, bien que répétitive, reste ancrée dans un narratif captivant et un level design réfléchi. Il existe deux types de jeux. Ceux que l’on oublie facilement et ceux qui nous fait oublier la notion du temps. Crime Scene Cleaner est dans la seconde catégorie. Une fois ces derniers mots écrits, j’y retourne pour attraper mon éponge et sacs poubelles.
Si nettoyer des scènes de crimes vous inspire, vous pouvez également essayer Serial Cleaners, un jeu de stratégie en temps réel.
