Le monde des jeux indépendants n’a pas fini de nous étonner. Au fur et à mesure que les technologies avancent, il devient de plus en plus difficile de discerner un projet à tout petit budget d’une grosse production. Encore plus quand le studio en question apporte un vent d’air frais. C’est justement aujourd’hui le cas avec Bodycam. Un FPS photoréaliste que nous avons eu la chance de tester à la rédaction, en amont de sa sortie en accès anticipé sur Steam.
Je tiens à vous le dire d’entrée de jeu, Bodycam n’est pas qu’une vitrine technologique et une prouesse visuelle. Il est aussi une physique originale et d’excellentes idées de gameplay. Voici mon avis après avoir parcouru cette expérience novatrice durant plusieurs heures.
Counter-Strike Like

De nombreuses joueuses et nombreux joueurs pensent que Bodycam est un énième shooter extraction, ce n’est (heureusement) pas du tout le cas. En effet, nous sommes ici en face d’un Counter-Strike Like. Un titre qui vous propulse sur des petites cartes en petits groupes. En ce qui concerne les modes, pour le moment, l’expérience propose du Deathmatch (tous contre tous), du Team Death Match, ainsi que Body Bomb. Pour cette dernière catégorie, deux équipes s’affrontent. La première va devoir poser une bombe sur la carte, peu importe l’emplacement. L’autre groupe va devoir la désamorcer. Classique, mais diablement efficace, ici chaque partie est différente. Cerise sur le gâteau, Body Bomb est amené à devenir compétitif.
Bodycam est un jeu qui mise sur le réalisme et le shoot pur. Ici il n’y a pas de superflu, pas de pouvoir, pas de fioriture. Vous, vos armes et c’est tout. D’ailleurs, comme vous pouvez le voir sur les images, il n’y a pas de HUD, le but est de rendre l’expérience la plus propre possible. Bien évidemment, lorsque vous prenez des balles, ou quand vous courrez durant un long moment, des effets à l’écran vous font comprendre vos différents états.
Photoréaliste et troublant

L’Unreal Engine 5 est capable de très belles choses, et Bodycam en est le parfait exemple. Les deux jeunes développeurs français derrière le projet maitrisent leur sujet, c’est un fait. Le jeu est ahurissant, bluffant, réaliste, les mots manquent, mais heureusement les images parlent d’elles-mêmes. Malgré tout, ce réalisme pose quelques questions auprès de certaines et certains, la barrière entre le jeu vidéo et le réalisme est littéralement brisée ici. Bodycam va-t-il trop loin ? Le futur des FPS est-il trop « dangereux » pour les sensations réalistes qu’il apporte. C’est une question difficile à répondre à ce stade. Une chose est certaine, Bodycam impose et fait parler de lui, je pense même qu’il va devenir une base pour une multitude d’autres titres du même genre. À l’image du récent Vampire Survivor, je n’ai aucun doute sur le fait que Bodycam arrive à sortir de terre un nouveau « genre ».

Pour en revenir au rendu, le visuel est impressionnant. Que ce soit le matin, le soir, la nuit, le jour, ou encore sous la pluie, Bodycam est véritablement une prouesse technique jouable. Au travers des différentes bandes-annonces, j’avais peur que les personnages ne soient pas en accord avec le reste du paysage, et bien figurez-vous que je me suis trompé. Les développeurs nous offrent ici quelque chose de totalement homogène. Mention spéciale aux visages « brouillés » qui donnent une direction artistique typée « reportage ». Une très bonne idée pour nous plonger encore plus dans le réalisme.
Physique et animations réalistes
Le visuel c’est bien, mais il ne fait pas tout dans une telle production. Heureusement, Bodycam propose un excellent moteur physique couplé à des animations plutôt bien faites. Tout n’est bien sûr pas parfait, il y a notamment pas mal de problèmes de collision sur la carte en extérieur qui se déroule dans la forêt. Lorsque l’on se promène dans le feuillage, il n’est pas rare de se retrouver coincé derrière une branche invisible. Pour le reste des cartes, il n’y a pas grand chose à redire.

Si vous trouvez déjà troublant Bodycam par son visuel, sachez que ses animations de « frag » sont d’un autre niveau. Comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, les corps ne tombent pas toujours simplement, les mouvements sont réalistes et parfois, l’ennemi bouge encore, sans bien sûr pouvoir se défendre pour autant.
C’est un chapitre que je tenais spécialement à mettre en avant. Il n’est pas rare de croiser des personnes sur les réseaux sociaux qui pensent que Bodycam mise uniquement sur son visuel. C’est faux, les développeurs ont vu bien plus loin que de simples belles textures.
Météo et immersion sonore



Bodycam sera lancé le 7 juin prochain sur Steam en accès anticipé. Pour le moment, le jeu renferme cinq cartes avec une grande multitude d’armes. Ces dernières ne sont pas personnalisables, et changent à chacune de vos parties. Si dans la grande majorité des images on voit un jeu souvent « gris », la réalité est tout autre. En effet, l’heure du jeu évolue en direct, sur de longs matchs, on peut facilement passer du jour à la nuit en passant par le matin et le soir. Cerise sur le gâteau, la météo dynamique est présente sur toutes les cartes. Soleil, pluie, neige, le monde de Bodycam est vivant, et c’est vraiment plaisant.
Autre levier d’immersion, le rendu sonore des armes est tout simplement excellent. Bodycam n’a aucune honte à avoir face aux ténors du genre, que ce soit sur le segment de l’arcade avec un Call of Duty, ou quelque chose de plus sérieux comme un ARMA. Je remarque tout de même un bruit de pas plutôt faible comparé au reste. Une valeur bien sûr facilement à ajuster.
AMD FS3 et Frame Génération sauvent le jeu
Comme cité plus haut, Bodycam est développé sous Unreal Engine 5. Le jeu est évidemment très gourmand. Malgré tout, le studio a flairé la bonne technique. Le titre est déjà compatible avec la technologie d’upscaling AMD FSR3 et intègre aussi le Frame Génération. En activant ces deux options, et en attendant le DLSS, vous avez la possibilité de doubler voir tripler la quantité d’images par seconde. En ce qui concerne la perte de qualité, celle-ci est nulle. Le rendu de l’image bourré de filtres rend le tout rarement net sur toute l’image. Vous l’avez remarqué, l’aberration chromatique est accentuée ici et certaines zones de votre vision « brouillés » histoire de vous immerger encore plus et donner à la scène ce côté « caméra embarquée ».
Prise en main obligatoire
Bodycam nécessite une prise en main qui vous prendra deux à trois parties. Il faudra tout d’abord vous habituer à ce mouvement de caméra qui peut, au tout début, vous donner un peu le mal de mer. Rassurez-vous, nous sommes ici à des kilomètres du sick motion de la réalité virtuelle. D’ailleurs, il est difficile de se rendre compte du gameplay, même en vidéo.
Deuxième habitude à prendre, le gameplay est « flottant », vos mouvements ne sont pas instantanés. Au début, le processus est déroutant, mais comme cité juste avant, vous allez très vite vous y habituer. Un petit mal, pour un grand bien. Bodycam offre une nouvelle manière de voir les choses, ils ont osé casser les codes pour réussir à créer quelque chose de rafraichissant, et je pense sérieusement que beaucoup de grands FPS vont s’en inspirer.
Ce gameplay « flottant » est une vraie révolution pour moi. Il donne l’illusion que les mouvements ne sont pas collés à notre regard. L’immersion est véritablement excellente.
Vous avez été plusieurs à nous le demander, Bodycam peut se jouer à la manette. Malheureusement, ce mouvement « flottant » n’est pour le moment pas du tout adapté pour traverser les affrontements avec des joysticks.
Deux très bonnes idées

Au travers de mes sessions, j’ai remarqué deux excellentes idées proposées par le studio Reesa. Tout d’abord, lorsque vous tombez au sol, vous prenez le contrôle d’un drone. Avec ce dernier, vous pouvez aller partout pour donner les positions ennemis. Vos adversaires voient les drones et peuvent bien sûr les détruire. Une fois votre appareil cassé, vous passez en caméra assistée, notez que les murs sont aussi des obstacles pour les drones.

Second point très intéressant, le gameplay à la lampe torche. Vous pouvez allumer les lumières sur chaque arme, une fois celle-ci en fonction, elle le reste même si vous changez d’équipement. De nuit, vous pouvez être un véritable sapin de Noel, un avantage ou un inconvénient suivant le type de situation. Notez aussi que si vous tombez au combat avec la lumière allumée, cette dernière continuera a éclairer un couloir, plutôt pratique de nuit.
Potentiel infini et novateur
Je n’ai pas peur de le dire, Bodycam a un potentiel sans limite. Il est novateur, dans son gameplay, intéressant dans ses idées et extraordinaire techniquement. Comme je le citais plus haut, je pense qu’il va instaurer un nouveau genre, et que de grandes licences vont s’en inspirer. Une fois maitrisé, les parties sont un régal. De plus, en groupe, la coopération est grandement récompensée, de quoi vous donner de jolis moments remplis d’adrénaline à vivre à plusieurs.

Cet énorme mélange de bons points offrent une expérience vraiment hors du commun, et je pèse mes mots. Mon coeur vibre pour le premier Half-Life que j’ai eu la chance de découvrir en 1998, et depuis ce jour, le FPS a toujours été mon genre préféré. Aujourd’hui, Bodycam marque un tournant dans les sensations vécues. Si vous aimez de près ou de loin les shooters, et que vous cherchez une nouvelle expérience, alors soyez au rendez-vous le 7 juin prochain. Ne doutez plus de ce qu’il est, c’est un très beau projet qui mérite d’être sous le feu des projecteurs.
Testé sur un Lenovo Legion Tower 7i de huitième génération.




